Vincent Cocagne et Maryse Mailfert, boulangers bio

L’instit’ tombe dans le pétrin !

Vincent a démissionné de l’Education nationale en juin. Pour faire du pain. « Depuis la rentrée, c’est le bon-heur ! », sourit Vincent Cocagne, en sortant du four 56 moules de brioches bio au levain naturel façonnés à la main. « J’aime tripatouiller la pâte, la voir lever, c’est vivant, magique, super agréable. Je ne pensais pas y trouver autant de plaisir.» Poste d’instituteur spécialisé supprimé Vincent était instituteur depuis 1977 et depuis 7 ans à l’ERDP, l’internat pour les enfants de bateliers et forains dans le lycée Georges-de-La-Tour. Une structure fermée cet été, avec la politique de suppressions de postes dans le spécialisé. « C’est un peu le coup de pied aux fesses qui m’a poussé. Depuis la réforme des retraites en 2003, je voulais faire autre chose. Je ne me voyais pas jusqu’à 60 ans avec des mômes. »

Vincent

Sa compagne Maryse Mailfert, ancienne institutrice, s’est lancée il y a deux ans dans la boulangerie bio en créant « Un Pain de Côté » dans leur maison familiale sur les hauteurs de Lay-St-Christophe et vend sa production sur commandes à des AMAP (groupements de consommateurs), sur des marchés et lors de fêtes de village. « Donc, le boulot, je le connaissais un peu. Mais ce n’est pas une reconversion par défaut », poursuit Vincent Cocagne en enfournant 60 croissants. « J’ai souvent mis la main à la pâte. Et j’aime ça. » Bâtards au potimarron du jardin Le nouvel artisan de 47 ans n’est pas encore autonome et a besoin de Maryse, une vrai pro qui fait son pain maison depuis 20 ans. Elle a passé son CAP Boulangerie et forme son compagnon, heureuse de lui apprendre à façonner le pain complet, aux graines de courge, de lin, de tournesol, le pain de seigle et d’épeautre, la fougasse aux olives ou encore le pain brioché aux abricots, figues et chocolat.

Maryse

Bientôt, Vincent fera des bâtards au potimarron du jardin, aux noix, et des Croqu’anges, des biscuits sans œufs au flocon d’avoine, spécialité de Maryse… « Pour le moment, elle se lève encore 2 heures avant moi, vers 2h-3h du matin puis elle se recouche à 8h. Je termine les cuissons vers 11h-midi et fais la sieste avant d’aller livrer les commandes. Le vendredi, de 17h à 19 h 30, on vend aussi chez nous, au fournil. » Tous deux ont vite oublié le mercredi libre des instits, c’est même le jour le plus chargé de la semaine. Mais Vincent ne regrette rien. « Même si je travaille plus et gagne moins, je suis heureux et j’y gagne en qualité de vie. On bosse les week-ends, mais c’est plaisant, valorisant, on rencontre plein de gens différents. La reconnaissance et les gratifications me boostent. Je n’ai jamais connu ça dans l’Education nationale.

Maryse et Vincent

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